Blog

COMMENT OBTENIR UNE INVITATION DU GROUPE?

POUR VOS BESOINS DE RECHERCHES AU CAMEROUN DANS LA REGION DE L'EST;

Envoyer votre Nom et Prénoms, Univertsité, Pays, Obejt de recherche, copie passport, durée du sejour au Cameroun, langue parlée. Les frais de paiement sont  à debattre par mail ou par téléphone et après resolution des parties, le numéro du compte Bancaire du groupe à la BICEC de Bertoua  vous sera communiqué via mail.

A titre d'information, nous somme disponible à envoyé des titres d'invitations aux étudiants, chercheurs, anthropologues qui veulent venir au Cameroun pour des eventuels études, recherches auprès des pygmées Baka de l'Est Cameroun.

Zones de recherches: Région de l'Est Cameroun, dans tous les départements et Arrondissements.

contact: ngombi.baka@gmail.com; micdoedje@yahoo.fr; nsonkali@yahoo.fr

Lire la suite

Vous pouvez nous aider !

Vous pouvez nous aider !

Problème prioritaire : Le groupe Ngombi tè Ndum na Baka n’a jamais bénéficié d’une aide ou d’une subvention de l’Etat camerounais. Actuellement nous somme à la recherche des financements dans les secteurs d’agricultures, d’éducation, des points d’eau portables et dans la recherche.

 A ce jour, les moyens de déplacements nous font défaut dû au manque d’un véhicule 4X4. L’acquisition d’un véhicule s’impose. Il convient de relever, en guise de préambule, que :

La région de l’Est est vaste et que le Département de Boumba et Ngoko est un coin enclavé, (les villages Ndongo, Mbateka, Kika, Mambélé  et bien d’autres villages de la localité) sont sans réseau téléphonique ni eau potable ou électricité. Les routes sont impraticables en saison de pluie et l’accès aux campements Pygmées Baka constitue un véritable parcours du combattant, faute d’entretien des pistes forestières laissées à l’abandon par l’Etat et les collectivités locales depuis fort longtemps.

La demande de soutien, la présence du groupe est croissante et les sollicitations de plus en plus pressantes émanant de la communauté Pygmée Baka font cruellement ressentir à l’Association Ngombi tè Ndum na Baka ses limites en matière d’aide et de moyens de communication. Le véhicule est la seule manière de maintenir le contact, il rend d’immenses services à toute la communauté et permet d’évacuer les malades vers les centres hospitaliers équipés, les communes de Moloundou, Salapoumbé et Yokadouma sont éloignés,

D’où le besoin exprimé par le groupe de l’acquisition d’un pick-up 4X4 en remplacement.

La défense des droits des pygmées Baka devient de plus en plus présent. Il est de l’intérêt des ONG de faire comprendre au Gouvernement que le Baka n’a aucun moyen financier pour s’acheter une arme de guerre pour abattre les éléphants. Alors leurs envoyés dans les prisons ne servent en rien. La chose la plus importante est dd voir un programme de sensibilisation auprès de ce peuple. Depuis 2 ans nous combattons pour la libération des Baka de prison, le récent est celui de DANGA qui était poursuivi de complicité de braconnage, d’évasion d’un prisonnier et de détention d’arme à feu de guerre.

Lire la suite

Les Baka et la médecine traditionnelle

Des guérisseurs réputés dans toute la région de l’Est : Les Baka sont connus par tous les Camerounais pour être les meilleurs guérisseurs du pays. Même les Bantous viennent les consulter, pour demander des plantes ou des soins. Les Baka, respectant leurs traditions, utilisent les ressources mises à leur disposition par la nature pour se soigner. Ils fabriquent eux-mêmes leurs remèdes, d’une part parce qu’ils sont attachés à un mode de vie hérité de leurs ancêtres et d’autre part car sans argent et sans papiers administratifs, ils n’ont pas accès aux soins dispensés par la médecine moderne, où ils sont de toute façon mal reçus. Le groupe Ngombi est lui-même fréquemment en contact avec des guérisseurs Baka car nombres d’entre eux sont nos amis, parfois nous faisons appel dans le cadre de certaines maladies.

Les plantes sont l’élément principal des soins dispensés par les Pygmées Baka, ils l’utilisent sous forme d’écorces, de racines, de feuilles, et d’épines pour faire des décoctions, des tisanes, de la poudre pour scarification, des injections par voie nasale pour leurs différents soins. Le gibier est également un élément très utilisé par la médecine pygmée. Il n’est pas rare de trouver un pendentif d’ossements de gorille tenu par une lamelle de peau d’animal autour du cou d’un enfant, le but étant de permettre à l’enfant en question d’avoir des os durs comme celui de l’animal. Ils utilisent aussi les poils de certains animaux pour cicatriser les brûlures.

Les Baka se sont installés dans le Sud-Est Cameroun pour sa richesse en espèces animales et végétales, propice à la fabrication de leurs remèdes. Or, depuis quelques années, de grandes plantations ont été mises en place sur ces terres, et la construction d’un l’oléoduc a également mis en péril l’équilibre du milieu naturel. De nombreuses espèces végétales disparaissent et les animaux se raréfient ou s’éloignent de plus en plus des campements.

Lire la suite

Les Pygmées et leur forêt

Face à l’exploitation forestière intense : Les Pygmées Baka sont un peuple qui a longtemps vécu sans aucun contact avec l’extérieur, vivant entre eux et protégés par la forêt. Forêt qui était à la fois leur habitat, leur mère spirituelle et leur source d’alimentation. Or, depuis une cinquantaine d’année, une exploitation forestière intense s’est mise en place dans la région de l’Est (Moloundou, Salapoumbé), s’enfonçant de plus en plus profondément dans la forêt. Il apparaît clairement aujourd’hui que loin d’être un facteur de développement, cette exploitation forestière industrielle intense est une menace pour la vie et la survie de la population pygmée. Cette menace concerne directement la vie des Pygmées Baka sur plusieurs plans.

Une menace pour leur survie

Les premières conséquences de cette exploitation forestière touchant les Baka sont physiques. En effet, en atteignant des endroits de plus en plus reculés dans la forêt, cette utilisation à outrance de la nature, mène à l’appauvrissement progressif de l’écosystème forestier. En tant que peuple de chasseurs-cueilleurs, Pygmées Baka voient leur système alimentaire tomber en récession et la sécurité alimentaire que la communauté avait connu jusque-là connaît des perturbations préjudiciable à leur vie. Certains arbres riches en fruits et écorces sont abattus, d’autres renversé par les bouteurs, une multitude de graines nécessaires à l’alimentation sont détruites etc. De plus, les pièges traditionnels posés pour les animaux sont écrasés, les filets entraînés, le gibier se réfugie de plus en plus profondément dans la forêt, ce qui affecte également le mode de vie de la population Baka. Il en est de même pour l’eau, car au passage des engins de construction ou d’abattage, les ruisseaux deviennent des mares, sont taris ou pollués, cette denrée déjà rare devient alors un besoin de plus pour ce peuple.

Un cataclysme écologique et culturel

En plus de ces conséquences menaçant physiquement les Pygmées Baka, d’autres enjeux entrent en compte lorsqu’il s’agit de cette exploitation, des enjeux spirituels, moraux. En effet, tout d’abord, les lieux sacrés des Baka sont souvent profanés à cause de la présence et du passage de véhicules, lorsqu’ils ne sont pas simplement détruits par les engins. Les rythmes de pratiques traditionnelles sont également perturbés car ils sont normalement pratiqués en lien étroit avec la forêt. Ces changements massifs entraînent une perturbation extrême de l’habitat et du cadre de vie général des Pygmées Baka, tout en créant généralement des conflits entre eux et leurs voisins les Bantous.

Quelles solutions ? Afin de lutter contre le danger qui menace les Pygmées Baka, un duo de projets doit être mis en place en parallèle. Tout d’abord, il s’agit de limiter l’exploitation forestière, d’en faire une utilisation responsable et non plus abusive. Pour cela, il faut mettre en place des mesures de limitation, tout en appliquant efficacement celles qui sont déjà créées. D’autre part, une seconde manière de lutter contre ce phénomène est d’anticiper ses conséquences et de donner aux Baka les possibilités de contourner les futurs problèmes. C’est l’objectif dans lequel travaille l’Association pour la promotion l’éducation de l’environnement et la protection des droits des pygmées Baka de l’Est Cameroun (Ngombi tè Ndum na Baka) avec les Pygmées, un objectif de développement à long terme, par l’éducation, la création des plantations cacaoyères, la culture vivrière, la formation et actuellement un projet d’élevage est élaborer. Ce sont ces actions qui permettront aux Baka de survivre tout en respectant les conditions de vie et les valeurs qui sont les leurs.

Lire la suite

Vie traditionnelle des Pygmées

L'activité économique des populations Pygmées Baka se limite généralement à la résolution du problème de leur alimentation. Les Baka tirent toutes leurs ressources de la forêt, ils sont traditionnellement chasseurs, pêcheurs et cueilleurs. Une répartition en fonction du sexe intervient dans l'exécution de ces différentes tâches, mais celle-ci n'est pas rigoureuse. La chasse est réputée virile alors que la pêche et la cueillette sont plutôt le domaine des femmes. Mais il est fréquent que, au sein d'une communauté, chacun participe à toutes les activités pour obtenir une meilleure récolte.

Les Baka vivent alors au jour le jour, sans penser au lendemain. Ils ne font pas ou peu de provisions, la nature leur fournissant ce dont ils ont besoin de manière régulière. De la même manière, ils n'ont pas tendance à thésauriser ou à accumuler des ressources qu'ils savent pouvoir reconstituer au moment où cela s'avère nécessaire. (Bois, feuilles, pierres, végétaux, fourrures...)

De manière traditionnelle, ils obtiennent par le troc ce que la nature ne peut leur fournir. Ils entretiennent avec leur voisins Bantous des relations d'échange et de complémentarité, troquant les produits de leur chasse ou de leur cueillette contre des denrées qu'ils ne pourraient se procurer autrement. Ceci en fait les victimes et les proies du système économique de leurs voisins Bantous, basé sur l'appropriation des richesses.
En effet, les Bantous ne limitent pas ces échanges aux seules ressources de la forêt. Bien souvent, ils emploient les Pygmées Baka pour des travaux agricoles comme le défrichement ou le portage, pour la construction ou le crépissage des cases, et les rémunèrent ensuite faible, pour la somme de 250 Fcfa à 500 Fcfa.

Bien que cela ne provoque guère de réactions au plan international, il est admis que les Bantous traitent les Pygmées comme leurs esclaves.

Lire la suite

Plaidoyer pour l'amélioration des conditions de vies du peuple pygmée Baka

 

 

 

 

 

 

 

 

                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                           Réaliser par : Michel NDOEDJE

                                                           Sociologue & Journaliste Francophone

                                                           Administrateur du Groupe

                                                                      

                                                           Assister par : Charles-Jones NSONKALI, Anthropologue.

                                                           Président du Conseil d’Administration

 

 

 

 

 

 

 

Octobre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I-                   CONTEXTE :

 

Au vu des résultats des études et des enquêtes réalisées par le groupe Ngombi tè Ndum na Baka de Bertoua dans le système de la protection et la défense des droits des Baka pygmées de l’Est-Cameroun, la promotion et la sédentarisation du peuple autochtone pygmée Baka doit se consolider avec avec sa culture naturelle est la solution idoine pour les problèmes de développement et la survie de cette population. Cette réflexion est soutenue par l’engagement pris par les pouvoirs publics à travers la stratégie du développement durable fondée sur la  valorisation  et  la conservation des richesses naturelles, traditionnelles, par la politique élaborée par le Gouvernement du Cameroun. Aussi, l’approche du Cameroun dans la mise en œuvre de l’Agenda 21 s’articule autour de cinq grands pôles d’action : développement et croissance économique  durable ;  gestion  des  ressources ;  renforcement du rôle des principaux groupes ; mise en place des  réformes  institutionnelles et,  l’adhésion  à  des  traités et conventions internationaux pertinents en matière de développement durable.

La mise en place d’un cadre juridique spécifique marqué par une loi-cadre de base et plusieurs  lois  sectorielles d’un  cadre institutionnel  articulé autour des Ministère en charge de l’Environnement et des forêts et ministère de la faune et de la flore et du Comité Interministériel de l’Environnement et de la participation des peuples autochtones, parmi lesquels les pygmées Baka.

 La sédentarisation des Baka a été élaboré sur les mauvaises bases, sans tenir compte des désirâtes des hommes de la forêt (Baka). Un autre constat, c’est celui de l'extinction des espèces animales qui  se fait rapidement. L’Etat du Cameroun  n’a aucun doute là-dessus, c’est l'homme qui a tort. L'homme, par ses activités et actions est la cause  de la baisse extraordinaire  des espèces animales et végétales ainsi que l'extinction de leurs espaces vitaux qui font partie d'un écosystème diversifié et complexe. Au cours de ce dernier siècle, les  humains ont causé des changements sur cette planète de manière que, des espèces, les animaux et les plantes, ne sont pas en mesure de s'adapter aux nouvelles conditions dues aux changements de climatique  et meurent. Et aujourd’hui, le Baka pygmée connait une situation peu confortable.

A ce jour, le programme de la sédentarisation étant à sa phase pratique, les associations, les sociétés civiles apparaissent comme des organes clé  pour le processus de dévellopement. L’orientation vers ce nouveau concept est une volonté ardente du pouvoir politique d’apporter des sollutions efficaces et durables aux problèmes des populations Baka du cameroun. Cette approche permettra de mieux cerné les problèmes de ce peuple et d’y trouvé des solutions avec l’appui du Gouvrenement et des partenaires aux développments.

II-                PRESENTATION DE L’ASSOCIATION :

 

Le groupe NGOMBI TE NDUM NA BAKA est une Association  pour la promotion de la nature, l’éducation de l'environnement et la protection des droits des Baka de l’Est-Cameroun. Qui a pour objectif : la sensibilisation, l’éducation, la protection et la défense des droits du peuple autochtone Baka (pygmées), la protection durable de la faune, la conservation de la nature ainsi que  la protection des espèces, la recherche, la formation, l'information – visant à  une protection maximale des espaces vitaux.

Intégrer une prise de conscience de protection de la nature et de l'environnement dans la Région de l’Est avec l’appui du Gouvernement et des partenaires. Cela devrait être fondée non seulement sur la préservation des ressources et la biodiversité, mais aussi à la conscience sociale et le respect des principes éthiques. L'introduction progressive de la question complexe de la « Nature et de l’environnement » doit, à travers l’encouragement de la participation des populations dans des projets sociaux, promouvoir un effet positif sur la coexistence entre la  personne humaine et la nouvelle conscience sociale.

Elaborer un nouveau concept de sédentarisation du peuple Baka (pygmée), tout en consolidant la sédentarisation à leur milieu culturel.

L’association veut à travers des  projets concrets, parvenir à accompagner le Gouvernement  à protéger la diversité des espèces dans la Région et d’accompagner le peuple autochtone Baka (pygmée) dans le processus de sa sédentarisation dans la région.

Le groupe une Association de droit civil, apolitique, à caractère social et abus non lucratif. Régie par les dispositions de la loi n° 90/053 du 19 décembre 1990 et modifiée et complété par la  loi  n°99/011 du 20 Juillet 1999 sur la liberté d’association au Cameroun.

III-             INTRODUCTION :

            Situé au fond du Golfe de Guinée, et couvrant 475 000 km², la République du Cameroun  au cœur du continent Africain est souvent présentée comme une Afrique en miniature, en raison de son extraordinaire diversité biologique et culturelle. Ce pays abrite de nombreux écosystèmes : sahéliens et de savane dans la partie septentrionale, forestiers dans la partie méridionale, sur environ la moitié de la superficie nationale avec 23 millions d’hectares, et côtiers à l’ouest, avec une ouverture sur l’océan atlantique. La taille de la forêt du Cameroun le place au 4ème rang des Etats forestiers du continent, derrière la République Democratique du Congo (RDC), la République du Congo et le Gabon et la 5ème reserve mondiale en biodiversités. Les forêts du Cameroun se caractérisent par leur fort taux d’endémisme.

            Ainsi, le Cameroun a une population estimée à plus de 20 millions d’habitants,  et une densité moyenne de 35 habitants au km2. La répartition de la population est inégale sur le territoire, avec des pics de plus de 70 habitants au kilomètre carré dans les hauts plateaux de l’ouest, et entre 0,4 et 2 habitants au kilomètre carré dans la zone forestière. Le Cameroun présente la particularité, parmi les Etats d’Afrique centrale, de n’avoir jamais été colonisé. Il a en effet été, un protectorat allemand (entre 1884 et 1916), un territoire sous mandat (1919-1939) puis sous tutelle (1945-1960) franco-britannique. Pendant cette période, toute personne originaire du territoire Camerounais était appelée autochtone ou indigène. Le pays a connu de nombreuses migrations jusqu’aux premières années de l’indépendance, notamment sous la pression du marqui qui sévissait dans la partie occidentale du Cameroun (régions de l’Ouest et l’Est). Après l’indepence, le terme « autochtone » faisait allusion aux africains « non civilisés ». Cette notion était plus marquée au Cameroun, où le terme indigène pour le sens commun serait synonyme d’injure. Beaucoup de communautés autochtones vont refuser de se faire appeler par le terme indigène car, celui-ci reflétait l’image rétrograde et déshonorante del’africain.

            Le principal défi du premier Gouvernement du Cameroun indépendant a été de mettre sur pied un politique d’unité nationale, à partir de la mosaïque de peuplements du Cameroun. Cette tâche ne s’est pas faite sans chocs, et des revendications identitaires subsistent encore de nos jours, notamment avec les mouvements séparatistes anglophones. Il en résulté de cette période une approche ambiguë de la question ethnique par les pouvoirs publics marquée, à la fois, par une grande frilosité à évoquer les particularismes ethniques et par l’affirmation d’une volonté de l’Etat à assurer la protection des minorités.

Le phénomène associatif est relativement récent au Cameroun. La loi portant régime des associations de 1967 était en effet particulièrement restrictive, et soumettait leur création au régime de l’autorisation préalable, par le Ministre en charge de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. Avec l’adoption des lois libéralisant la vie politique en décembre 1990, le Cameroun s’est doté d’une nouvelle loi portant régime des associations, qui prévoit le régime de la déclaration, auprès de la préfecture. Cette  procédure simplifiée a donné lieu à une véritable éclosion du mouvement associatif, et l’on dénombre aujourd’hui plus de 30 000 associations au Cameroun, actives autour d’une variété de problématiques (éducation, santé, environnement, accès aux services sociaux de base, formations, sportives, appui au développement local, etc.). A côté de ces associations, on assiste aussi, au niveau local, à un développement prodigieux du mouvement associatif, grâce notamment aux lois organisant les Coopératives et les Groupes d’Initiative Commun (GIC), régie par la loi de 1992.

Enfin, depuis 1999, le Cameroun dispose d’une loi sur les ONG, qui cohabite avec les précédentes, et qui met en place un régime plus restrictif auquel sont soumises les ONG. S’agissant plus spécifiquement des communautés autochtones du Cameroun, on peut identifier deux types d’associations :

  • Les associations autochtones. On note deux mouvements dans la création des associations d’autochtones.
  • Les associations d’appui aux communautés autochtones. Les quatre premières décennies après l’indépendance ont été marquées par l’action d’une poignée d’organisations dans l’appui aux communautés autochtones. Il s’agissait notamment de l’Eglise catholique (surtout dans les régions Sud et l’Est du Cameroun, au bénéfice des populations autochtones pygmées Baka), et de la SNV (alors association néerlandaise de Volontaires). Par exemple, en 1968, un évêque nomme Van Haygen a crée un projet d’aide à la promotion des pygmées dans sa circonscription ecclésiastique dénommée « Projet Pygmées Est-Cameroun » (PPEC). Ce projet s’est mué plus tard en association, d’Appui à l’Autopromotion des Populations de l’Est-Cameroun (AAPPEC) qui a travaillé pendant près de quarante ans pour l’amélioration des conditions de vie des populations Baka de l’Est Cameroun, avec l’appui de l’ONG Néerlandaise CORDAID. Mais, cette structure est morte défaut des concepts. Pendant la décennie 92, de nombreuses autres organisations s’étaient engagées dans cette problématique (projets de conservation, ONG internationales et nationales). La plupart de ces organisations n’existent plus dans la région de l’Est Cameroun. Rasions pour lesquelles NGOMBI TE NDUM NA BAKA se veut une association qui œuvre pour la survie et la proection des pygmées Baka et la protection de la nature et l’environnement par des projets.

IV-             Les Peulpes Autochtones du Cameroun :

            Le Cameroun se caractérise par l’extraordinaire diversité de ses peuplements, avec plus de 250 ethnies repartie dans les régions, départements et communes du pays. Depuis l’indépendance, la politique gouvernementale du Cameroun s’est attelée à assurer l’unité nationale, et l’une des stratégies mises en place à cette fin a consisté à la promotion de  l’intégration nationale. Celle-ci consiste en un effort de brassage des populations dans le but d’améliorer la compréhension entre elles, et de réduire les particularismes.

            La constitution de janvier 1996 est la première à faire référence aux notions de minorités  et de populations autochtones. Bien que ces deux notions semblent avoir, dans la constitution, une acception différente de celle admise dans la terminologie des Nations unies. En l’absence d’une définition unanimement admise de la notion de  populations autochtones pygmées Baka, il est indispensable de se référer aux critères internationaux d’identification desdites communautés pour établir leur existence au Cameroun. En s’appuyant sur les critères contenus dans la directive opérationnelle de la Communauté internationale, il est aisé de reconnaître l’existence de communautés autochtones au Cameroun. On peut ainsi en citer quelques groupes:

  • Les communautés Mbororos : éleveurs nomades répartis sur l’ensemble du territoire national, avec de fortes concentrations dans les parties septentrionale et méridionale du Cameroun. Ils font partie d’un grand groupe que les Britanniques ont appelé les Fulani ou Peul en Français. Ils sont estimés à plus de 60 000 personnes. Ils habitent certaines parties des régions de l’Adamaoua, de l’Est, du Nord-Ouest et de l’Extrême-Nord et aux frontières avec le Nigéria, le Tchad et la République Centrafricaine. Ils sont subdivisés en trois principaux groupes, à savoir les Jafun, les Woodabe et les Aku. Ils sont plus nombreux dans la région du Nord-Ouest, avec une population estimée à plus de 38 000 personnes.
  • Les communautés de chasseurs-cueilleurs de la forêt : répartis en trois groupes distincts : Les Bakas, qui sont de loin le groupe le plus important, avec une population estimée à 75.000 âmes. Ils vivent dans le Sud-est Cameroun. Ils occupent 75 000 km² dans la région de l’Est et dans la région du Sud Cameroun. Dans la région du Sud, on les retrouve particulièrement dans le Département du Dja-et-Lobo, dans les Arrondissements de Djoum, Mintom et Oveng. Dans la région de L’Est, on les retrouve dans les départements de la Boumba & Ngoko, dans le Haut-Nyong et dans la Kadey. Une partie des Baka vit dans la mouvance transfrontalière, dans la Tri-Nationale de la Sangha, plus précisément entre les départements de la Boumba-et-Ngoko, du Dja et Lobo et du Haut- Nyong au Cameroun, le département de la Sangha en république du Congo et dans le département de la Sangha-Mbaéré en République Centrafricaine.
  • Les Bagyelis, dont la population oscillerait entre plus 35000, répartis entre les arrondissements de Bipindi, Lolodorf, Akom II, Kribi et Campo. 3700 personnes et occupe 12 000 km² dans la partie méridionale de la région côtière. Ils sont voisins de diverses tribus Bantou, notamment les Elog Mpoo, Bassa, Bulu, Ewondo, Ngoumba, Fang et autres.  Les Bakola ou Bagyéli parlent leur propre langue et toutes les langues de leurs voisins Bantou.

Les modes de vie des communautés autochtones. A de nombreux points, les communautés autochtones se caractérisent par des modes de vie qui se distinguent de ceux des autres peuples du territoire national. Les principaux traits distinctifs de ces modes de vie sont les suivants :

  • Le nomadisme : Dans l’univers des communautés Camerounaises marquées par la sédentarité, le nomadisme comme mode de vie est inhabituel. Il caractérise uniquement les communautés autochtones, de la forêt ou des autres zones.
  • Les spécificités culturelles : La culture des communautés autochtones du Cameroun se distingue de manière fondamentale de celles de leurs voisins. Quelques exemples illustrent ces différences. Alors que la sédentarité et l’agriculture caractérisent les modes de vie des communautés au Cameroun, le système de production des populations autochtones est fortement dépendant des ressources naturelles : des produits de la chasse et de la collecte pour ce qui est des populations autochtones pygmées Baka, et des ressources en pâturage pour les éleveurs Mbororos. Bien que les Mbororos ne soient pas les seuls éleveurs du Cameroun, ils présentent une spécificité par rapport aux autres ethnies d’éleveurs, notamment du fait de l’étendue de leur itinéraire de transhumance. De plus, les communautés autochtones pygmées Baka se distinguent également, dans un univers social marqué par la polygamie et la chosification de la femme, par le rôle central reconnu aux femmes dans la société traditionnelle. Ainsi, la polygamie est plutôt rare au sein de ces communautés Baka, et les conflits entre conjoints sont résolus le plus rapidement possible, à l’initiative de l’homme. En effet, l’homme doit solliciter la bénédiction de son épouse, pourvoyeuse de chance, avant toute opération de chasse et de collecte. Ces opérations étant quotidiennes, l’homme doit en permanence pouvoir s’assurer de la bienveillance de sa conjointe. Enfin, la culture de la non-violence est suffisamment rare dans le contexte des sociétés africaines pour être mentionné : les communautés autochtones pygmées Baka ne sont en effet pas belliqueuses, et règlent leurs différends par l’évitement. Ainsi, en cas de conflit dans un campement, il est fréquent de voir l’un des protagonistes se retirer pour créer un campement plus loin. De même, lorsque le conflit les oppose à des non autochtones (communauté Bantou, et allogènes), le mode d’expression non violent des peuples autochtones Baka prévaut. Cette stratégie ne peut qu’être un trait culturel fort de ces communautés, puisqu’on la retrouve aussi bien dans les rapports intracommunautaires que dans les relations avec l’extérieur. 
  • La marginalisation. Elle est commune à tous les groupes autochtones de la forêt, qui ont du mal à s’intégrer dans la société sendentarisé. Les modes de fonctionnement de l’Etat ont en effet été conçus pour des peuples sédentaires, avec une économie monétaire. L’accès aux services sociaux de base leur est ainsi rendu particulièrement difficile.
  • La religion. La vie rituelle et religieuse est marquée par divers esprits ou mânes. La plupart, incarnés par un esprit, apparaissent dans les campements et les villages pour présider des danses. Seuls les initiés peuvent les approcher. Il est ainsi de Kose qui préside à la danse de la divination du Nganga, de Joboko, l’esprit qui préside au rite Yéli, qui précède la chasse à l’éléphant. La religion participe de la cristallisation des échanges et des relations entre les hommes, les animaux et la forêt et de la construction d'un monde vivant où tous peuvent communiquer, donner et recevoir.
  • Principales activités économiques. Les caractéristiques économiques des populations autochtones pygmées Baka se distinguent, elles aussi, de celles des groupes sociaux dominants au Cameroun. En effet, alors que ces derniers sont actifs dans des activités de production (agriculture vivrière ou de subsistance), et très peu dans des activités de prélèvement (pêche par exemple), les peuples autochtones des forêts sont essentiellement des chasseurs et des collecteurs. Les principales sources de revenus sont :
  • La vente des produits de la chasse. Les Baka excellent dans la pratique de la chasse. Si le gibier est destiné à la consommation, il est également de plus en plus vendu, et cette activité constitue, dans certains campements, la principale source de revenus des communautés considérées. Il faut dire que cette activité traditionnelle est parfois controversée par certains organisemes de sauvegades de la forêt, parce qu’ils pensent que les pratiques de chasse des autochtones sont contradictoires avec de nombreuses dispositions de la législation en matière de protection de la faune. Hors les espèces de prédilection des autochtones Baka sont des petits gibiers (Lièvre, porc-épic, et bien d’autres), ainsi, le Baka tue l’animal qu’il peut consommer une fois avec sa famille. La chasse d’éléphant n’est permise par esprit, sauf lorsque le dieu JECKI en sollicite. De plus, les techniques de chasse autorisées dans le cadre des droits d’usage aux communautés autochtones Baka (chasse avec des outils traditionnels) ne sont pas toujours respectées, du fait du recours à la lance et à la flèche dotées de bouts en fer, voire au fusil de chasse autroyer par les Bantou et allogènes.
  • La vente des produits de la collecte. Il s’agit des écorces, racines, fruits sauvages, tubercules divers, collectés au cœur de la forêt, et vendus soit dans les campements, soit par exposition le long des pistes. Ces produits sont destinés à la consommation (comme condiments, médicaments ou aliments).
  • La vente de la force de travail, qui est de plus en plus observée dans les régions abritant les pygmées Baka. La force de travail est vendue dans les sociétés de chasse Safaris (essentiellement comme pisteurs et porteurs), les projets de développement (généralement en qualité d’animateurs), et chez des particuliers comme manœuvres agricoles payés à la journée 250 F à 500F CFA, voire comme braconniers. On observe une discrimination à l’égard des pygmées Baka qui, à travail égal, sont généralement moins bien payés que les bantous. De plus, on constate une revendication récurrente des autochtones employés par les sociétés forestières, qui estiment que leur connaissance de la forêt contribue à l’identification des essences nobles, et que l’absence de diplôme ne devrait pas servir de justification à la faible rémunération qu’ils reçoivent. Ils veulent en effet recevoir un paiement proportionnel à leur rendement dans l’entreprise.
  • La pharmacopée traditionnelle. Les autochtones tirent des revenus de leur connaissance de la pharmacopée traditionnelle. Leurs principaux clients payants sont leurs voisins bantous. De plus en plus, des patients viennent des grandes villes du pays pour faire appel à leur science. Et parfois aussi, les soins prodigués vont largement au-delà de ceux destinés à soulager des maux physiques, et prétendent apporter des solutions aux problèmes spirituels de toute nature. Ainsi par exemple, la fabrication de philtres d’amour, de décoctions pour la protection de leurs utilisateurs, est également pourvoyeuse de  revenus pour les autochtones.
  • L’artisanat : L’artisanat constitue la cinquième plus importante activité sociale et économique chez les pygmées Bakola et Bagyéli de Lolodorf et Bipindi dù à la rarété de gibiers dans la zone. Il vient en troisième position comme source de revenus. Des résultats préliminaires de certains organisations au Cameroun révèlent également que les Pygmées font des mortiers, des pilons, des planches à écraser, des tambours et autres matériels pour les danses traditionnelles, des nattes de raphia tressées pour toitures de cases, la construction des huttes (Mongulu).
  • L’élevage nomade (Mbororo) : La vache représente non seulement une source de richesse, mais aussi et surtout une garantie de sécurité alimentaire et existentielle. Plus le troupeau n’est important et en bonne santé, mieux se portent les Mbororo. Le mode de vie de ces derniers est dynamique et s’adapte aux conditions d’un environnement en perpétuel changement.

Dans le nord-ouest par exemple et en raison des fortes densités de population, le nomadisme traditionnel des Mbororo a fait place à la transhumance en réponse à la pression démographique dans cette région du pays qui se traduit par la restriction des aires de pâturage. L’agriculture y prend aussi une place de plus en plus importante comme source de revenu et comme moyen d’assurer  l’autosuffisance alimentaire. Pour ce qui est de l’importance de l’industrie locale des peuples autochtones au Cameroun, le cas du cheptel Mbororo est très éloquent. A eux seuls, les Mbororo détiennent plus de 30 % du cheptel bovin Camerounais estimé à plus de 5 millions de têtes, essentiellement localisées dans les provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-nord. L’apport de l’élevage Mbororo à l’économie nationale Camerounaise est évident, étant donné que dans son ensemble l’élevage contribue à concurrence de 2, 1 % du PIB Camerounais. Les Mbororo ont également une médecine vétérinaire traditionnelle bien développée.

La question de la reconnaissance légale des autochtones pygmées Baka: On constate une ambiguïté en ce qui concerne la question de la reconnaissance légale des autochtones par l’Etat. La position officielle des pouvoirs publics est qu’il n’existe pas d’autochtones au Cameroun (ou que tous les habitants du territoire sont des autochtones). Ainsi, dans le souci de se démarquer de cette dénomination qui ne refléterait pas assez la complexité des réalités ethniques nationales, l’Administration préfère fondre ces groupes sous le terme générique de populations marginales, qui concerne également les populations des montagnes, des zones insulaires, etc. Pourtant, dans le cadre des projets financés par la Banque mondiale et dans lesquels la politique sur les populations autochtones devrait être actionnée, l’Etat leur reconnaît cette qualité, et met en place des mécanismes d’exécution et de suivi des plans pour les populations autochtones. On peut ainsi citer, au cours des  dernières années, le projet pétrolier entre le Tchad et le Cameroun, le Programme National de Développement Participatif (PNDP), et le Programme Sectoriel Forêts Environnement (PSFE). Le constate est que, malgré l’illusion créée par la constitution, qu’il n’y a pas de reconnaissance légale formelle de la qualité d’autochtone, même si on a une reconnaissance administrative, diluée sous un vocable inhabituel (les populations marginales), avec d’autres groupes.

  1. Les autochtones et les droits de l’Homme :

Il en ressort qu’en dépit des évolutions observées ces dernières années, les droits humains des peuples autochtones ne sont pas encore établis dans notre pays. Les communautés autochtones font face à de nombreuses violations des droits de l’Homme. On peut ainsi citer, sans prétention à l’exhaustivité :

  • L’insécurité alimentaire particulièrement marquée au sein des communautés autochtones ; ainsi que la non-reconnaisance de leur usages coutumiers des ressources faunique (viande de brousse)
  • L’absence de droits fonciers coutumiers. Le long des pistes et de routes dans le département de la Boumba et Ngoko (yokadouma, Salapoumbé et Moloundou), où sont installés les pygmées Baka, au cœur de la forêt, où se trouvent leurs terres ancestrales, le droit forestier national a établi des aires protégées ou des forêts de production, sur lesquelles de nombreuses restrictions existent en ce qui concerne les droits des Baka. La loi fondamentale protège les droits de propriété foncière quels que soient leurs sources, les coutumes ou le droit écrit. Cependant la conception des peuples autochtones de la propriété de la terre ne s’accommode pas non seulement de celle de leurs voisins Bantu, mais aussi de celle de l’Etat. Pour les Pygmées Baka, la terre est un bien communautaire dont l’utilisation est non exclusive. Ils identifient clairement leurs terres ancestrales bien qu’il n’existe pas de nette démarcation entre leurs terres et celles des autres communautés.
  • Les difficultés d’accès aux redevances forestières annuelles, dues à tous les pygmées Baka de la région. Les mises en valeur des ressources naturelles par les peuples pygmées ne sont pas reconnues par les législations qui régissent la gestion des ressources naturelles. Dans certains cas, les grands projets de développement, comme le pipeline Tchad-Cameroun, impactent sur le foncier et le forestier des peuples autochtones ; mais les compensations qui leur sont versées sont mal gérées et peu culturellement adaptées.
  • L’absence d’autochtones dans les processus de décision, au niveau local et national ; En dépit de la permanence des politiques et pratiques d'équilibre régional, la représentation des Pygmées à tous les niveaux de la fonction publique camerounaise est quasi nulle. Les cas de fonctionnaires autochtones sont rares; les comités de gestion des redevances forestières, les comités de valorisation des ressources fauniques et les associations de gestion des forêts communautaires gérés le plus souvent par les riverains Bantou, quand ils n’ont pas purement et simplement écartés les populations autochtones pygmées, les ont associé, non seulement en nombre très limité, à des positions de figurants ; ce qui fait que les pygmées qui y figuraient, n’ont pas tardé à se rendre compte qu’ils étaient inutiles.
  • Les projets d’exploitation des ressources naturelles ont tendance à bouleverser les modes de vie et les cultures des peuples pygmées Baka. Les activités d’exploitation forestière industrielle à des effets sur le milieu et la vie des Pygmées. Les faits les plus importants bien qu’apparemment anodins portent, principalement, sur l’ouverture des routes et des pistes forestières et des ponts, la mise en place des infrastructures d’exploitation forestière et les opérations de coupe, etc. Ces activités rendent la forêt accessible à une multitude d’acteurs et d’intervenants qui dépassent le cadre restreint des populations autochtones. Les activités d’exploitation du milieu sont aussi affectées (chasse, cueillette, pêche, etc.), avec, à terme, l’ébranlement de l’équilibre alimentaire et nutritionnel des populations.
  • Les plaintes récurrentes pour brimades, du fait de l’administration. Il s’agit notamment des cas de brimades lors des contrôles de police, et lors des actions des brigades anti-braconnage. Les autochtones se plaignent, dans ce dernier cas, de subir des actes de répression, même lorsqu’ils ne pas en infraction avec la réglementation. C’est généralement le cas dans la périphérie des aires protégées de Lobéké, Boumba-Beck et Nki.
  • Les restrictions imposées aux pygmées Baka dans la gestion des ressources et des espaces de la forêt. Ceci constitue une violation de la Charte africaine qui stipule clairement que les peuples ont la libre disposition de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. Contrairement aux dispositions de la Charte africaine que suivant lesquelles tout peuple a droit à l’existence, certaines des communautés de chasseurs-cueilleurs sont menacées de disparition si les tendances actuelles de gestion monopolistique des ressources naturelles perdurent. L’exclusion et la marginalisation des terres et des ressources naturelles menace la survie tant économique, sociale et culturelle des communautés des pasteurs et chasseurs-cueilleurs autochtones et cela est une violation de l’article 22 alinéa1 de la Charte africaine qui stipule que tous les peuples ont droit à leur développement économique, social et culturel, dans le respect strict de leur liberté et de leur identité, et à la jouissance égale du patrimoine commun de l’humanité.
  • A côté de ces brimades d’agents de l’Etat, on constate également des plaintes pour traitements dégradants du fait des voisins bantous. Il s’agit d’injures, de bastonnades, de confiscation sans raison apparente de biens appartenant à des autochtones, etc.
  • La destruction des campements des autochtones lorsqu’ils se déplacent. Ceci s’observe pour les autochtones pygmées Baka dans la périphérie des aires protégées.
  • L’accès difficile aux services sociaux de base. Les centres de santé sont généralement éloignés des campements, et le coût des soins est élevé. L’accès à l’école est également difficile malgré la gratuité de l’école, mais les prix des fournitures scolaires sont exagérés.
  1. Communication sur l’état des Autochtones :

Le Cameroun est menbre de plusieurs instruments juridiques internationaux, contraignants ou non, organisant de manière directe ou incidente la protection des droits des peuples autochtones. Au nombre de ceux-ci, on peut citer le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, la Convention sur l’Elimination de la Discrimination Raciale, la Convention sur l’Elimination de la Discrimination à l’égard des Femmes, la Convention sur la Diversité Biologique, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones… Ces différents instruments  font partie de l’ordre juridique interne du Cameroun, conformément à l’article 45 de la Constitution du 18 janvier 1996. La mise en œuvre, considérée comme une « opération consistant à donner effet à la règle de droit, à un traité, à une disposition de celui-ci ou à une décision », est sans doute le volet le plus délicat en droit international. Le Cameroun comme de nombreux pays en voie de développement fait face à des obstacles certains dans ses efforts de mise en œuvre des conventions auxquelles il est partie. Ceux-ci  ont trait à sa situation économique, à des difficultés d’ordre technique, et à l’absence d’harmonisation de la législation nationale avec les conventions internationales.

Le Cameroun  ratifia la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des femmes le 23 Août 1974,  sans formuler de réserve. Il a soumis son dernier rapport au Comité sur l’Elimination des Discriminations à l’égard des Femmes en  2000. Dans ce rapport, le Cameroun a fait état de mesures législatives susceptibles de défavoriser les femmes, de l’existence de mesures visant à assurer l’égalité entre les hommes et les femmes au plan interne, de la persistance des violence à l’égard des femmes comme obstacles à la mise en œuvre de la convention...  Le Comité a relevé le fait que l’allocation insuffisante de ressources en vue de la promotion des droits des femmes et l’exécution partielle des programmes et projets constituent des facteurs restrictifs à une plus grande prise en compte des droits des femmes. Il a à cet effet invité  le Gouvernement Camerounais à affecter des ressources suffisantes aux programmes de promotion des femmes, il a encouragé le Gouvernement Camerounais à élever le taux d’alphabétisation chez les filles, à réduire le taux d’abandon scolaire qui demeure élevé, et à augmenter le taux de filles suivant un enseignement de base. Le Comité a également recommandé que l’accès égal aux processus de prise de décision soit assuré, pour la femme rurale, notamment dans les services sociaux de base (éducation, santé, eau potable, etc. ).

Dans son un rapport  adressé au Comité pour l’Elimination de la Discrimination Raciale en 1997, le Cameroun affirmait que l’encadrement des pygmées Baka/Bakola des régions de l’Est et du Sud est était réaliste, à travers des projets d’intégration socio-économique mis en œuvre par le Gouvernement. Il fait également cas de  la stabilisation de ces derniers dans leurs campements, de leur initiation aux activités agricoles, de l’amélioration et de l’humanisation des rapports interpersonnels entre les communautés autochtones et leurs voisins, de la construction de centres de santé, de l’initiation aux mesures d’hygiène et de salubrité, de la scolarisation des enfants Baka/Bakola, de l’octroi d’aides scolaires spéciales à ces certains d’entre eux.

Au vu de ce rapport, notons que depuis 1997 jusqu’à nos jours, il n’ya pas eu une grande amélioration de condition de vie de ce peuple dans la région de l’Est, plus particulièrement dans les villages et communes de : Moloundou, Ndongo, Yokadouma et Lomié. Il est souhaitable de recommander à tous les acteurs du développement de ce peuple de prendre des dispositions afin d’assurer la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels, tels qu’énoncés dans le Pacte de la déclaration des droits des peuples autochtones. Une attention particulière doit être accordée à la protection des populations Baka dans le cadre de la négociation des grands projets d’infrastructures et de l’exploitation forestière. Les projets récents se sont en effet traduits par des impacts négatifs sur les  modes de vie de ces communautés pygmées Baka.

 Le Comité a relevé la consécration des droits des  minorités  et des populations autochtones  dans le préambule de la Constitution du 18 janvier 1996 et a félicité le Cameroun pour la ratification  de diverses conventions de protection des droits de l’homme. Le Comité a par la suite relevé  la nécessité d’une protection effective des minorités et des populations autochtones afin que soit pris-en compte leurs modes de vie dans leur milieu, plus particulièrement pour les Pygmées Baka, sujet de préoccupation au regard de l’article 2 alinéa 2 de la Convention et de la Recommandation générale XXIII du Comité sur les droits des populations indigènes. Dans le but de protéger et de promouvoir les droits des minorités et des populations autochtones, le Comité a recommandé au Cameroun de prendre toutes les mesures appropriées, en particulier en ce qui concerne les activités de déforestation qui peuvent nuire à ces populations.

V-                LA PROTECTION JURIDIQUE DES POPULATIONS AUTOCHTONES.

  1. Reconnaissance et Identification :

La Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples consacre le droit de tout peuple à l’existence. Elle affirme le droit qu’a tout peuple à l’autodétermination ainsi que la possibilité qu’a ce dernier de déterminer librement son statut politique, son développement économique et social selon la voie qu’il a librement choisie. Le Cameroun fait partie des Etats ayant voté en faveur du projet de déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies le 29 juin 2006 et le 13 septembre 2007 devant l’Assemblée des Nations Unies. Le Gouvernement Camerounais, de concert avec la communauté internationale a pour la première fois célébré la Journée Internationale des Peuples Autochtones le 09 Août 2008.

Le préambule de la Constitution Camerounaise du 18 janvier 1996 consacre la préservation des droits des  populations autochtone  conformément à la loi. Cette mention contribue à entretenir une certaine amphibologie  au plan interne du fait des divergences d’interprétations existantes autour de cette notion. La loi forestière de 1994 utilise à la fois les notions de populations autochtones, et communautés villageoises, de  communautés, sans que celle-ci ne fassent spécifiquement allusion aux peuples autochtones tel que consacré dans les différents instruments juridiques internationaux de protection des droits de ces groupes.

Une reconnaissance effective des droits des peuples autochtones implique d’une part l’affirmation de leurs droits au plan littéral, ce qui passe nécessairement par  la définition de critères permettant de les identifier. Les communautés qui s’auto identifient comme étant  autochtones bénéficient cependant du même statut que les diverses communautés locales qui  vivent sur l’ensemble du territoire camerounais.  Si ce concept laisse clairement percevoir  l’existence de  groupes sociaux distincts, aucun texte législatif ou réglementaire ne vient en préciser le contenu au plan interne.

Au Cameroun, deux groupes réunissent les caractéristiques de peuples autochtones conformément aux normes et standards internationaux de protection des droits de l’homme. Il s’agit d’une part des pygmées « chasseurs cueilleurs » à l’origine qui fondent leur autochtonie sur l’antériorité de leur occupation des espaces forestiers. Les droits fonciers de ces groupes ont  été entachés depuis la période coloniale par la dépossession de leurs terres ancestrales, cet état de fait s’est accentué après l’indépendance du Cameroun. Il est important de relever ici que le critère de l’auto- identification demeure le critère subjectif en matière d’identification de ce peuple.

Les revendications identitaires des peuples autochtones trouvent des difficultés d’insertion dans le dispositif judiciaire et administratif camerounais.  Cet état de fait est marqué par le fait que les pouvoirs publics Camerounais récusent à dessein l’appellation de « peuples autochtones ».  Les Pygmées sont classés dans la catégorie des couches défavorisées et sont désignés par le vocable de  populations marginales  terme vague et englobant (Ce terme désigne à la fois les autochtones et les non autochtones considérés comme marginaux en distinguant les communautés nouvellement marginales à savoir les habitants des îles formées par les criques frontalières, les Koma des monts Atlantitika, les réfugiés tchadiens et rwandais, les populations déplacées de Bakassi et du Nord-Ouest Cameroun de celles considérées comme traditionnellement marginales regroupant les Mbororo, les montagnards agriculteurs et les pygmées) dont la portée juridique et revendicative est faible. Ainsi, le décret n° 2004/ 320 du 08 décembre 2004 attribue des missions supplémentaires au Ministère des Affaires Sociales (MINAS). Son article 5 précise que, le MINAS a entre autres missions, « la facilitation de la réinsertion sociale et la lutte contre les exclusions et la promotion de la solidarité nationale, une stratégie visant à fédérer des  efforts techniques, managériales, sociaux et économiques des partenaires publics, parapublics et privés, en vue de l’épanouissement des populations cibles ». Ces populations cibles étant les Pygmées, les populations des criques et des îles, les montagnards, les populations sinistrées déplacées du fait de catastrophes ou de la guerre, les populations transfrontalières. Cette assimilation unidimensionnelle des peuples autochtones et nomades dans la catégorie de populations marginales est un usage déplacé et brouillé de la notion de peuples autochtones. Ces derniers sont tenus pour indigents, incapables, en situation ‘d’alerte rouge’ et en péril de mort si la solidarité nationale, entendue ici comme la solidarité de la société dominante ne venait pas à leur secours. En raison de leur culture, de leurs traditions et de leurs modes de vie, les peuples autochtones et nomades du Cameroun sont assimilés à des populations non seulement marginales, mais aussi et surtout sinistrées à la manière des victimes des catastrophes et des guerres. Dans cet ordre d’idées, il ne s’agit pas pour eux d’être reconnus en tant que des individus possédant des droits qui ont besoin d’être pris en compte, mais comme des fardeaux de l’Etat et de la société dominante.

La classification des Pygmées Baka dans la catégorie des populations marginales peut être perçue comme une stratégie de l’Etat camerounais, qui manifeste à travers elle une volonté  d’approche pragmatique de la question sur son territoire, faisant ainsi du concept de « peuple autochtone » une notion non juridiquement fonctionnelle. Seules des politiques, programmes, stratégies et projets  contribuent à sortir ces groupes sociaux de l’état de marginalisation dans lequel ils vivent. L’un des obstacles lié à l’identification des peuples autochtones réside dans la typologie de leurs modes de vie qui pour la plupart tendent à disparaître. Les projets initiés à leur endroit visent plus à les sédentariser qu’à les intégrer socialement. Certains d’entre eux ont accès à la modernité du fait de leur cohabitation avec leurs voisins Bantu, Bangando, Bakwélés, Foulbés et autres... L’organigramme du Ministère des Affaires Sociales, Institution en charge de l’insertion sociale des peuples autochtones du Cameroun présente clairement les prérogatives aussi bien  vis-à-vis de ces groupes que des autres franges sociales. Il s’agit notamment de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique de prévention et d’assistance sociale, de la promotion de l’individu et de la famille, du  respect des droits de la femme, de la promotion des droits de l’enfant.

Depuis le 08 Août 1997, le Ministère des Affaires Sociales a initié de mettre sur pied une  politique d’insertion sociale des populations marginales qui revêt à la fois une dimension              socio-économique et juridique qui vise l’élaboration et la mise en  de textes portant sur la question foncière, le droit de tirer profit des ressources naturelles, le droit à l’éducation, à la santé, la lutte contre les comportements assimilateurs, la protection sociale orientée vers les groupes vulnérables tels que les enfants… A travers lui, le Gouvernement Camer

Lire la suite

Les droits des enfants autochtones

Une étude récente de l’OIT sur l’impact du travail des enfants autochtones sur leur éducation précise que la marginalisation, les discriminations, la non protection de leurs droits fonciers ancestraux, leur extrême pauvreté, la non prise en compte de leurs besoins et aspirations, ainsi que leur non participation aux affaires de l’Etat sont à la base du problème éducatif qui affecte plusieurs peuples autochtones. Hormis les provisions du DSRP, il ne semble pas exister au Cameroun, un texte juridique adopté spécifiquement pour assurer une égale jouissance du droit à l’instruction pour les filles et les garçons. Cette situation est accentuée en milieux autochtones en raison de la double discrimination dont souffrent les enfants autochtones de sexe féminin.

Le Cameroun est parti ou a approuvé divers instruments juridiques internationaux reconnaissant implicitement ou expressément les droits des enfants autochtones : la Convention relative aux droits de l’enfant, la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discriminations Raciales, la Charte Africaine sur les Droits et le Bien Etre de l’Enfant, la Convention 138 de l’OIT sur l’âge minimum, la Convention 182 de l’OIT sur les pires formes de travail de l’enfant, la Déclaration mondiale et le Plan d’Action en faveur de la survie, de la protection et du développement de l’enfant, le Programme Action 21, la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones… qui énoncent notamment le droit à la santé, à l’éducation, au logement, la protection des droits sociaux culturels…

La loi n°2005/015 du 29 décembre 2005 relative à la lutte contre la traite et le trafic des enfants réprime à la fois l’exploitation des enfants, la traite des enfants, la mise en gage des enfants ainsi que le trafic des enfants. La loi n° 83/013 relative à la protection des personnes handicapées et son Décret d’application fixent les modalités d’exercice du droit à l’éducation, à la  formation professionnelle, à l’intégration socio économique, à l’emploi, des activités sportives et des loisirs et d’aide sociale des personnes handicapées. L’Etat du Cameroun a mis en place une Commission Nationale pour la Protection de l’Enfance en Danger Moral, Délinquante et Abandonnée en 1990, un Comité de Coordination des Programmes relatifs à Coopération Cameroun en 2001. Depuis 1998, siège le Parlement des Enfants mis sur pied avec l’aide du Fond des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Constitué de 180 titulaires et 20 suppléants, aucun enfant autochtone n’est cependant membre.

Les peuples autochtones des forêts du Cameroun ont fait l’objet de nombreuses expulsions, ce qui les a contraints à quitter leurs terres ancestrales. Aujourd’hui, plusieurs enfants autochtones sont contraints de quitter leurs communautés à la recherche d’un emploi ou pour poursuivre leurs études. L’absence de prise en compte des périodes de chasse, des périodes d’initiation à leurs ritesdans le calendrier scolaire contribuent à les éloigner de leur culture et de leurs identités. L’intérêt des peuples autochtones pour l’école est établi. Dans toute la zone d’intervention de la FEDEC, toutes les personnes interviewées ont reconnu l’importance et la nécessité d’envoyer les enfants à l’école. Au moins deux raisons essentielles ont été avancées pour justifier ce choix : le besoin de connaître et de comprendre le monde dans lequel vivent les Pygmées et la nécessité de communiquer avec le monde extérieur. L’alphabétisation et l’ouverture au monde extérieur constituent les piliers de l’adhésion au processus de scolarisation. En fait, le bilan des quatre dernières décennies de scolarisation des enfants Pygmées a montré que la scolarisation a contribué au recul de l’analphabétisme chez les Pygmées et à l’émergence d’élites scolarisées servant d’interfaces avec le monde extérieur et d’éducateurs d’autres générations de scolarisés. Toutefois, malgré l’intérêt et l’engouement manifeste pour la scolarisation, l’utilité et l’efficacité du modèle actuel de scolarisation posent encore de nombreux problèmes. L’école coupe l’individu des réalités de son milieu et ne lui donne pas les moyens de réintégrer plus ou moins harmonieusement ce milieu. Elle n’apporte pas de réponses concrètes et palpables aux problèmes et aux besoins de l’individu scolarisé. L’amélioration du taux de scolarisation des enfants Pygmées et Bororos ne sera possible que si l’efficacité de l’école est établie et reconnue. Les principales actions à mener dans ce cadre sont deux ordres : le développement et la mise en œuvre d’un modèle de scolarisation endogène et intégré et le suivi-accompagnement des diplômés Pygmées. Les diplômés ont besoin d’être suivis et accompagnés. Il ne suffit pas de former les gens. Il faut encore savoir ce qu’ils deviennent après la formation. Et, dans la mesure du possible, on peut les soutenir dans le processus d’insertion ou de réinsertion dans le circuit économique.

En plus des problèmes d’accès à l’éducation, aux soins de santé, les enfants autochtones sont confrontés à des mauvais traitements, aux violences domestiques, de violence et de divers types d’exploitation. Comme les autres peuples africains, les communautés autochtones souffrent du caractère arbitraire du tracé des frontières, qui ont divisé de nombreuses ethnies, et qui n’ont pas tenu compte des zones d’influence de ces peuples nomades. Ainsi, dans le cas du Cameroun, on note la présence de communautés autochtones dans des zones frontalières, et des fréquents mouvements de communautés de part et d’autre des frontières étatiques. Ainsi, l’itinéraire de transhumance des populations Mbororos s’étend aux territoires du Nigéria, du Tchad et de la République centrafricaine, tandis que ce que l’on pourrait désigner comme l’aire culturelle Baka recouvre des portions des territoires du Cameroun et du Gabon, tout comme les Bagyeli/Bakola se meuvent de part et d’autre de la frontière entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Il est également important de relever que bien que les peuples autochtones des forêts en République du Congo et en République centrafricaine ne soient pas de l’ethnie Baka, on note des déplacements des Baka vers ces territoires.

Une étude du professeur Léopold Donfack constate : « La liberté d’aller et venir est un principe d’affirmation ferme parce que constante dans les textes juridiques (en vigueur dans les Etats d’Afrique centrale). Elle connaît toutefois une mise en œuvre variable et parfois contrastée, voire problématique ». La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ratifiée par l’ensemble des Etats de la sous région, en consacre le principe dans son article 12. Il faut ici relever qu’il ne s’agit pas d’une simple reprise de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui véhicule une conception restrictive de la liberté de circulation, en en cantonnant l’exercice à l’intérieur des frontières de l’Etat d’établissement. La Charte Africaine des Droits de l’Homme étend cette liberté au droit de quitter tout pays (y compris le sien) et de revenir dans son pays. Elle prévoit enfin que les seules restrictions à l’exercice de cette liberté doivent être formellement prévues par la loi, et ne peuvent être justifiées que par la nécessité de la protection de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publique.

Le traité instituant la CEMAC, celui créant la CEEAC, et l’accord donnant naissance à la Commission du Golfe de Guinée garantissent  la libre circulation des personnes au sein des espaces ainsi créés. Au-delà de l’affirmation, la mise en œuvre effective de ce principe reste problématique, et on continue d’observer des restrictions aux mouvements des personnes dans la sous région. Elles se justifient par les limites de la capacité d’absorption des demandeurs d’emploi par les économies les plus florissantes (Gabon et Guinée Equatoriale notamment).

A priori, les communautés autochtones vivant dans les zones frontalières ne souffrent d’aucune restriction dans leurs déplacements. Les migrations se font en effet, le plus souvent, en marge des canaux classiques, et les chemins empruntés sont, la plupart du temps, des pistes de forêt, qui les mettent à l’abri de tout contrôle.

De plus, le lieu de leur établissement, généralement temporaire, dans le pays d’accueil, se situe en zone rurale, voire au cœur de la forêt, dans les régions habitées par les communautés autochtones du pays d’accueil. Ces régions échappent au contrôle permanent des autorités administratives, qui ne sont finalement pas toujours informées de la présence d’étrangers sur leur territoire. Enfin, la motivation principale des migrations des autochtones n’est pas économique, au sens où le redoutent les autorités de certains des principaux pays d’accueil de la région (recherche d’un emploi salarié dans les grandes villes). La pratique des migrations transfrontières est intense au sein des communautés autochtones du Cameroun. On a ainsi constaté, dans de nombreux campements du Sud et du Sud-Ouest du Cameroun la présence de ressortissants de pays voisins (Guinée Equatoriale et Gabon notamment), et les absences de quelques membres de la communauté s’expliquaient par leur déplacement chez les « frères » vivant de l’autre côté de la frontière.  Les manifestations culturelles et rituelles, les visites, ou des menaces sont les principales justifications de ces déplacements.  La situation dans le sud-est est particulière : la région frontalière abrite en effet trois aires protégées regroupées au sein de la Trinationale de la Sangha (Réserve de la Lobeke au Cameroun, le parc national de Dzanga-Sangha en RCA, et le Parc National Nouabale Ndoki en République du Congo). Ce régime particulier de la zone frontalière rend difficiles les déplacements des populations, soupçonnées de braconnage lorsqu’elles se retrouvent à l’intérieur d’une aire protégée. Il ne s’agit en réalité pas d’une restriction de droit au principe de la libre circulation entre pays voisins, mais d’une limite de la liberté d’aller et de venir au sein des aires protégées, à l’intérieur des frontières d’un Etat. Ce qui rend la situation exceptionnelle dans ce cas, c’est la proximité entre ces trois aires protégées, et leur localisation à la frontière des trois pays, qui limite considérablement les possibilités de déplacement des communautés autochtones nomades dans ces régions.

L'Administrateur du groupe

Michel Ndoedje


Lire la suite

La reconnaissance légale des autochtones

Le Cameroun se caractérise par l’extraordinaire diversité de ses peuplements, avec plus de 250 ethnies. Depuis l’indépendance, la politique gouvernementale s’est attelée à assurer l’unité nationale, et l’une des stratégies mises en place à cette fin a consisté en la promotion de « l’intégration nationale ». Celle-ci consiste en un effort de brassage des populations dans le but d’améliorer la compréhension entre elles, et de réduire les particularismes.

 La constitution de janvier 1996 est la première à faire référence aux notions de « minorités » et de « populations autochtones ». Bien que ces deux notions semblent avoir, dans la constitution, une acception différente de celle admise dans la terminologie des Nations unies. En l’absence d’une définition unanimement admise de la notion de « populations autochtones », il est indispensable de se référer aux critères internationaux d’identification desdites communautés pour établir leur existence au Cameroun. En s’appuyant sur les critères contenus dans la directive opérationnelle de la Banque mondiale, il est aisé de reconnaître l’existence de communautés autochtones au Cameroun. On peut ainsi en citer deux (trois ?) grandes catégories :

 Les communautés Mbororos : éleveurs nomades répartis sur l’ensemble du territoire national, avec de fortes concentrations dans les parties septentrionale et méridionale du Cameroun. Ils font partie d’un grand groupe que les Britanniques ont appelé les Fulani ou Peul en Français. Ils sont estimés à plus de 60 000 personnes. Ils habitent certaines parties des provinces de l’Adamaoua, de l’Est, du Nord-Ouest et de l’Extrême-Nord et aux frontières avec le Nigéria, le Tchad et la République centrafricaine. Ils sont subdivisés en trois principaux groupes, à savoir les Jafun, les Woodabe et les Aku. Ils sont plus nombreux dans la province du Nord-Ouest, avec une population estimée à plus de 38 000 personnes.

 Les communautés de chasseurs-cueilleurs de la forêt : répartis en trois groupes distincts : Les Bakas, qui sont de loin le groupe le plus grand, avec une population estimée 75000 âmes. Ils vivent dans le sud-est du Cameroun. Ils sont près de 45 000 personnes et occupe 75 000 km² dans la région de l’Est et dans la région du Sud Cameroun. Dans la région du Sud, on les retrouve particulièrement dans le département du Dja-et-Lobo, dans les Arrondissements de Djoum, Mintom et Oveng. Dans la de L’Est, on les retrouve dans les départements de la Boumba & Ngoko, dans le Haut-Nyong et dans la Kadey. Une partie des Baka vit dans la mouvance transfrontalière, dans la Tri-Nationale de la Sangha, plus précisément entre les départements de la Boumba-et-Ngoko, du Dja et Lobo et du Haut- Nyong au Cameroun, le département de la Sangha en république du Congo et dans le département de la Sangha-Mbaéré en République Centrafricaine. Ils ont leur propre langue le ‘Baka’

 Les Bagyelis, dont la population oscillerait entre plus 35000, répartis entre les arrondissements de Bipindi, Lolodorf, Akom II, Kribi et Campo. 3700 personnes et occupe 12 000 km² dans la partie méridionale de la région côtière. Ils sont voisins de diverses tribus Bantou, notamment les Elog Mpoo, Bassa, Bulu, Ewondo, Ngoumba, Fang et autres.  Les Bakola ou Bagyéli parlent leur propre langue et toutes les langues de leurs voisins Bantou.

 Les modes de vie des communautés autochtones. A de nombreux points les communautés autochtones se caractérisent par des modes de vie qui se distinguent de ceux des autres peuples du territoire national. Les principaux traits distinctifs de ces modes de vie sont les suivants :

 Le nomadisme. Dans l’univers des communautés camerounaises marquées par la sédentarité, le nomadisme comme mode de vie est inhabituel. Il caractérise uniquement les communautés autochtones, de la forêt ou des autres zones.

Les spécificités culturelles. La culture des communautés autochtones du Cameroun se distingue de manière fondamentale de celles de leurs voisins. Quelques exemples illustrent ces différences. Ainsi, alors que la sédentarité et l’agriculture caractérisent les modes de vie des communautés au Cameroun, le système de production des populations autochtones est fortement dépendant des ressources naturelles : des produits de la chasse et de la collecte pour ce qui est des populations autochtones des forêts, et des ressources en pâturage pour les éleveurs Mbororos. Bien que les Mbororos ne soient pas

les seuls éleveurs du Cameroun, ils présentent une spécificité par rapport aux autres ethnies d’éleveurs, notamment du fait de l’étendue de leur itinéraire de transhumance. De plus, les communautés autochtones de  la forêt se distinguent également, dans un univers social marqué par la polygamie et la chosification de la femme, par le rôle central reconnu aux femmes dans la société. Ainsi, la polygamie est plutôt rare au sein de ces communautés, et les conflits entre conjoints sont résolus le plus rapidement possible, à l’initiative de l’homme. En effet, l’homme doit solliciter la bénédiction de son épouse, pourvoyeuse de chance, avant toute opération de chasse et de collecte. Ces opérations étant quotidiennes, l’homme doit en permanence pouvoir s’assurer de la bienveillance de sa conjointe. Enfin, la culture de la non-violence est suffisamment rare dans le contexte des sociétés africaines pour être mentionné : les communautés autochtones ne sont en effet pas belliqueuses, et règlent leurs différends par l’évitement. Ainsi, en cas de conflit dans un campement, il est fréquent de voir l’un des protagonistes se retirer pour créer un campement plus loin. De même, lorsque le conflit les oppose à des non autochtones (communauté bantoue, projet de conservation ou société privée), le mode d’expression non violent des peuples autochtones des forêts prévaut. Cette stratégie ne peut qu’être un trait culturel fort de ces communautés, puisqu’on la retrouve aussi bien dans les rapports intracommunautaires que dans les relations avec l’extérieur. 

La marginalisation. Elle est commune aux deux groupes, qui ont du mal à s’intégrer dans la communauté nationale. Les modes de fonctionnement de l’Etat ont en effet été conçus pour des peuples sédentaires, avec une économie monétaire. L’accès aux services sociaux de base leur est ainsi rendu particulièrement difficile.

La religion. La vie rituelle et religieuse est marquée par divers esprits ou mânes. La plupart, incarnés par des masques, apparaissent dans les campements et les villages pour présider des danses. Seuls les initiés peuvent les approcher. Il est ainsi de Kose qui préside à la danse de la divination du Nganga, de Joboko, l’esprit qui préside au rite Yéli, qui précède la chasse à l’éléphant. La religion participe de la cristallisation des échanges et des relations entre les hommes, les animaux et la forêt et de la construction d'un monde vivant où tous peuvent communiquer, donner et recevoir

Principales activités économiques. Les caractéristiques économiques des populations autochtones de la forêt se distinguent, elles aussi, de celles des groupes sociaux dominants au Cameroun. En effet, alors que ces derniers sont actifs dans des activités de production (agriculture vivrière ou de subsistance), et très peu dans des activités de prélèvement (pêche par exemple), les peuples autochtones des forêts sont essentiellement des chasseurs et des collecteurs. Les principales sources de revenus sont :

La vente des produits de la chasse. Les peuples autochtones des forêts excellent dans la pratique de la chasse. Si le gibier est destiné à la consommation, il est également de plus en plus vendu, et cette activité constitue, dans certains campements, la principale source de revenus des communautés considérées. Il faut dire que cette activité traditionnelle est particulièrement controversée, en ce que les pratiques de chasse des autochtones sont contradictoires avec de nombreuses dispositions de la législation en matière de protection de la faune. Ainsi par exemple, les espèces de prédilection des autochtones (éléphants et autres grands mammifères) sont généralement protégées par la loi[1]. De plus, les techniques de chasse autorisées dans le cadre des droits d’usage aux communautés autochtones (chasse avec des outils traditionnels) ne sont pas toujours respectées, du fait du recours au collet d’acier dans le piégeage, à la lance et à la flèche dotées de bouts en fer, voire au fusil de chasse. Le gibier est généralement vendu au bord des pistes, frais ou boucané. Les trophées sont également parfois commercialisés par les chasseurs autochtones (pointes d’ivoire, peaux de panthères, os et mains de gorilles, crânes de chimpanzés, etc.). Ils sont utilisés à des fins de décoration ou thérapeutiques, dans la pharmacopée traditionnelle.

 La vente des produits de la collecte. Il s’agit des écorces, racines, fruits sauvages, tubercules divers, collectés au cœur de la forêt par les communautés, et vendus soit dans les campements, soit par

exposition le long des pistes. Ces produits sont destinés la consommation (comme condiments, médicaments ou aliments). La vente de la force de travail, qui est de plus en plus observée dans les régions abritant des communautés autochtones. La force de travail est vendue dans les sociétés forestières (essentiellement comme pisteurs), les guides de chasse sportive, les projets de développement (généralement en qualité d’animateurs), et chez des particuliers comme manœuvres agricoles payés à la journée, voire comme braconniers. On observe une discrimination à l’égard des autochtones qui, à travail égal, sont généralement moins bien payés que les bantous. De plus, on constate une revendication récurrente des autochtones employés par les sociétés forestières, qui estiment que leur connaissance de la forêt contribue à l’identification des essences nobles, et que l’absence de diplôme ne devrait pas servir de justification à la faible rémunération qu’ils reçoivent. Ils veulent en effet recevoir un paiement proportionnel à leur rendement dans l’entreprise. La pharmacopée traditionnelle. Les autochtones tirent des revenus de leur connaissance de la pharmacopée traditionnelle. Leurs principaux clients payants sont leurs voisins bantous. De plus en plus, des patients viennent des grands centres urbains pour faire appel à leur science. Et parfois aussi, les soins prodigués vont largement au-delà de ceux destinés à soulager des maux physiques, et prétendent apporter des solutions aux problèmes spirituels de toute nature. Ainsi par exemple, la fabrication de philtres d’amour, de décoctions pour la protection de leurs utilisateurs, est également pourvoyeuse de  revenus pour les autochtones. L’artisanat : L’artisanat constitue la cinquième plus importante activité sociale et économique chez les Bakola et Bagyéli de Lolodorf et Bipindi[1]. Il vient en troisième position comme source de revenus. Des résultats préliminaires du programme INDISCO au Cameroun révèlent également que les Pygmées font de la vannerie, de la sculpture, des mortiers, des pilons, des planches à écraser, des tambours et autres matériels pour les danses traditionnelles, des nattes de raphia tressées pour toitures de cases, la construction des huttes, le tissage des nasses pour la pêche, la forge (couteaux, lances, flèches, haches), des lits et la confection d’objets en peaux de bêtes; la pratique des tresses traditionnelles est un art très développé chez certaines communautés Mbororo. Des salons de coiffure, des défilés de modes, et des modélistes copieraient des tresses Mbororo sans avoir à payer un centime. Plusieurs filles et femmes Mbororo sont employées dans ce secteur à Garoua et dans d’autres centres urbains du Cameroun, mais plusieurs d’entre elles se plaignent de percevoir des salaires insignifiants qui ne tiennent pas compte des longues heures de travail qu’elles effectuent et de la spécificité des tresses qu’elles offrent. L’élevage nomade (Mbororo) : , la vache représente non seulement une source de richesse, mais aussi et surtout une garantie de sécurité alimentaire et existentielle. Plus le troupeau n’est important et en bonne santé, mieux se portent les Mbororo. Le mode de vie de ces derniers est dynamique et s’adapte aux conditions d’un environnement en perpétuel changement. Dans le nord-ouest par exemple et en raison des fortes densités de population, le nomadisme traditionnel des Mbororo a fait place à la transhumance en réponse à la pression démographique dans cette région du pays qui se traduit par la restriction des aires de pâturage. L’agriculture y prend aussi une place de plus en plus importante comme source de revenu et comme moyen d’assurer  l’autosuffisance alimentaire. Pour ce qui est de l’importance de l’industrie locale des peuples autochtones au Cameroun, le cas du cheptel Mbororo est très éloquent. A eux seuls, les Mbororo détiennent 30 % du cheptel bovin camerounais estimé à plus de 5 millions de têtes, essentiellement localisées dans les provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-nord. L’apport de l’élevage Mbororo à l’économie nationale camerounaise est évident, étant donné que dans son ensemble l’élevage contribue à concurrence de 2, 1 % du PIB camerounais. Les Mbororo ont également une médecine vétérinaire traditionnelle bien développée

On constate une ambiguïté en ce qui concerne la question de la reconnaissance légale des autochtones par l’Etat. La position officielle des pouvoirs publics est qu’il n’existe pas d’autochtones au Cameroun (ou que tous les habitants du territoire sont des autochtones). Ainsi, dans le souci de se démarquer de cette dénomination qui ne refléterait pas assez la complexité des réalités ethniques nationales, l’administration préfère fondre ces groupes sous le terme générique de « populations marginales », qui concerne également les populations des montagnes, des zones insulaires, etc. Pourtant, dans le cadre des projets financés par la Banque mondiale et dans lesquels la politique sur les populations autochtones devrait être actionnée, l’Etat leur reconnaît cette qualité, et met en place des mécanismes d’exécution et de suivi des plans pour les populations autochtones. On peut ainsi citer, au cours des 8 dernières années, le projet pétrolier entre le Tchad et le Cameroun, le Programme National de Développement Participatif (PNDP), et le Programme Sectoriel Forêts Environnement (PSFE).On constate donc, malgré l’illusion créée par la constitution, qu’il n’y a pas de reconnaissance légale formelle de la qualité d’autochtone, même si on a une reconnaissance administrative, diluée sous un vocable inhabituel (« les populations marginales »), avec d’autres groupes.La situation des peuples autochtones du Cameroun a été présentée au FIPAC, en avril 2007, au Congo Brazzaville. Il en ressort qu’en dépit des évolutions observées ces dernières années, les droits humains des peuples autochtones ne sont pas encore établis au Cameroun. Les communautés autochtones font face à de nombreuses violations des droits de l’Homme dans le contexte camerounais). On peut ainsi citer, sans prétention à l’exhaustivité : L’insécurité alimentaire particulièrement marquée au sein des communautés autochtones ; ainsi que la non-reconnaisance de leur usages coutumiers des ressources faunique (viande de brousse) L’absence de droits fonciers coutumiers. Le long des pistes, où sont installées les communautés autochtones des forêts, les bantous jouissent des droits fonciers coutumiers, et tolèrent la présence des autochtones. Au cœur de la forêt, où se trouvent leurs terres ancestrales, le droit forestier national a établi des aires protégées ou des forêts de production, sur lesquelles de nombreuses restrictions existent en ce qui concerne les droits des populations. La loi fondamentale protège les droits de propriété foncière quels que soient leurs sources, la coutume ou le droit écrit. Cependant la conception des peuples autochtones de la propriété de la terre ne s’accommode pas non seulement de celle de leurs voisins Bantu, mais aussi de celle de l’Etat. Pour les Pygmées et les Mbororo, la terre est un bien communautaire dont l’utilisation est non exclusive. Ils identifient clairement leurs terres ancestrales bien qu’il n’existe pas de nette démarcation entre leurs terres et celles des autres communautés. Collectivement, les communautés se plaignent de la non reconnaissance de leurs chefferies, et leur incorporation obligatoire dans les chefferies bantous voisines. Les difficultés d’accès aux redevances forestières annuelles, dues à toutes les communautés riveraines des forêts. On exige des communautés autochtones qu’elles disposent de chefferies de troisième degré pour pouvoir y accéder. Les mises en valeur des ressources naturelles par les peuples autochtones ne sont pas reconnues par les législations qui régissent la gestion des ressources naturelles. Dans certains cas, les grands projets de développement, comme le pipeline Tchad-Cameroun, impactent sur le foncier et le forestier des peuples autochtones ; mais les compensations qui leur sont versées sont mal gérées et peu culturellement adaptées L’absence d’autochtones dans les processus de décision, au niveau local et national ; En dépit de la permanence des politiques et pratiques d'équilibre régional, la représentation des Pygmées et des Mbororo à tous les niveaux de la fonction publique camerounaise est quasi nulle. Les cas de fonctionnaires autochtones sont rares; les comités de gestion des redevances forestières, les comités de valorisation des ressources fauniques et les associations de gestion des forêts communautaires gérés le plus souvent par les riverains bantu, quand ils n’ont pas purement et simplement écartés les populations autochtones riveraines (pygmées), les ont associé, non seulementen nombre très limité, à des positions de figurants ; ce qui fait que les pygmées qui y figuraient, n’ont pas tardé à se rendre compte qu’ils étaient inutiles Les projets d’exploitation des ressources naturelles ont tendance à bouleverser les modes de vie et les cultures des peuples autochtones. Les activités d’exploitation forestière industrielle a des effets sur le milieu et la vie des Pygmées. Les faits les plus importants bien qu’apparemment anodins portent, principalement, sur l’ouverture des routes et des pistes forestières et des ponts, la mise en place des infrastructures d’exploitation forestière et les opérations de coupe, etc. Ces activités rendent la forêt accessible à une multitude d’acteurs et d’intervenants qui dépassent le cadre restreint des populations autochtones. Les activités d’exploitation du milieu sont aussi affectées (chasse, cueillette, pêche, etc.), avec, à terme, l’ébranlement de l’équilibre alimentaire et nutritionnel des populations Les plaintes récurrentes pour brimades, du fait de l’administration. Il s’agit notamment des cas de brimades lors des contrôles de police, et lors des actions des brigades anti-braconnage. Les autochtones se plaignent, dans ce dernier cas, de subir des actes de répression, même lorsqu’ils ne pas en infraction avec la réglementation. C’est généralement le cas dans la périphérie des aires protégées du Sud et de l’Est. Les restrictions imposées aux autochtones dans la gestion des ressources et des espaces de la forêt. . Ceci constitue une violation de la Charte africaine qui stipule clairement que les peuples ont la libre disposition de leurs richesses et de leurs ressources naturelles[1]. Contrairement aux dispositions de la Charte africaine que suivant lesquelles tout peuple a droit à l’existence[2], certaines des communautés de chasseurs-cueilleurs sont menacées de disparition si les tendances actuelles de gestion monopolistique des ressources naturelles perdurent. L’exclusion et la marginalisation des terres et des ressources naturelles menace la survie tant économique, sociale et culturelle des communautés des pasteurs et chasseurs-cueilleurs autochtones et cela est une violation de l’article 22.1 de la Charte africaine qui stipule que tous les peuples ont droit à leur développement «économique, social et culturel, dans le respect strict de leur liberté et de leur identité, et à la jouissance égale du patrimoine commun de l’humanitéA côté de ces brimades d’agents de l’Etat, on constate également des plaintes pour traitements dégradants du fait des voisins bantous. Il s’agit d’injures, de bastonnades, de confiscation sans raison apparente de biens appartenant à des autochtones, etc.La destruction des campements des autochtones lorsqu’ils se déplacent. Ceci s’observe pour les Mbororos, et pour les autochtones de la forêt dans la périphérie des aires protégéesL’accès difficile aux services sociaux de base. Les centres de santé sont généralement éloignés des campements, et le coût des soins est élevé. L’accès à l’école est également payant, et le prix des fournitures scolaires est prohibitif.L’absence de considération de l’ensemble de la société, y compris des autorités, à l’égard des autochtones. Ces derniers sont en effet très souvent considérés comme des « sous-hommes ».Le mépris des traditions des populations autochtones, et les tentatives de substitution par des normes, valeurs et pratiques étrangères.Les peuples autochtones sont aussi victimes du « colonialisme interne ». Les populations voisines tendent à les considérer comme une main d’oeuvre servile à leur disposition. Elles se posent en tuteurs, pères sociologiques et propriétaire des Pygmées ; ceci se traduit dans la réalité par le mépris et la banalisation des Pygmées et contribue à renforcer la marginalisation.

Lire la suite

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×